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Femme noire et scientifique à l’étranger, Syndrome de l’imposteur

Chaque terme du titre de cet article mérite qu’on y consacre un livre : Femme scientifique, noire scientifique, femme étrangère.

Je ne veux pas vous faire la leçon sur les femmes dans la science (et dans tous les autres métiers) car je sais, vous savez, nous savons. Saviez-vous juste que la structure hélicoïdale de l’ADN a été découverte par Rosalind Franklin ce qui normalement lui aurait valu deux prix Nobel. Hélas deux hommes? James Dewey Watson et Francis Crick lui ont volé ses travaux et l’ont publié à son insu. Ce n’est en rien un cas isolé, il y en a d’autres (Jocelyn Bell Burnell, Lise Meitner, Esther Lederberg …).

Cette femme noire scientifique immigrée est ambitieuse, elle sait ce qu’elle veut et se donne les moyens pour y arriver. Lors de son cursus on lui aura fait beaucoup de remarques : « mais tu es là pour le quota de noire », « ta bourse tu l’as obtenue comment, on t’a aidée? », « une femme n’a pas besoin de faire des études aussi longues », « tu finiras célibataire, les hommes n’aiment pas les filles qui font des études longues »…Voici ici un ensemble de stigmatisations faites par des pairs ou par la communauté africaine en générale à la femme immigrée.

Peu importe l’origine, il faut énormément de courage et de motivation pour faire une thèse de doctorat ou des études longues. Ceci est encore plus important lorsqu’on est soumis à l’effet du genre et de l’origine. Bien malheureusement, les disparités dues à la couleur de peau et au genre sont encore monnaie courante au 21 siècle. 

La femme aura immigré, quitté ses proches, son confort familial car aspirant à une meilleure qualité d’enseignement. Elle vient pour acquérir un savoir en phase avec son projet professionnel. Elle fera face à une adaptation sociale et environnementale qui, dépendamment de la personnalité de l’individu concerné, peut prendre plusieurs années. Celle ci sera également confrontée à un ensemble de stéréotypes véhiculés sur la femme noire. Pour ma part, j’étais consciente de la chance que j’avais d’exceller dans mes études et d’accéder à un large panel de compétences auxquelles je n’aurai pas eues accès dans mon pays d’origine. Mais j’avais aussi ce besoin de me surpasser pour mériter ma place et d’aller au-delà des stéréotypes comportementaux attendus chez les femmes noires d’origines africaines. Sous le hashtag #BlackintheIvory sur twitter, vous trouverez des histoires de femmes noires étudiantes, chercheurs ou même professeurs racontant comment elles ont été victimes de racisme à la fac ou sur leur lieu de travail.

Je ne pouvais pas me permettre de faire le strict nécessaire. Face aux remarques citées en début d’article, j’avais constamment un besoin de prouver. Les remarques combinées aux doutes personnels ont mené à ce fameux syndrome de l’imposteur. En fin de thèse, alors que je terminais mon mémoire, j’ai dû me battre contre ce syndrome. Je remettais en doute tous mes travaux, me relisais et trouvais mon travail très léger. J’avais constamment ce sentiment désagréable. Le plus dur c’est que je n’arrivais pas à l’expliquer encore moins en parler. Pire encore, à l’époque je ne savais pas à quoi ça correspondait jusqu’au jour où j’ai décidé de faire une recherche internet. Je suis tombée sur les témoignages de thésards décrivant la même sensation. Ce qui était surprenant c’est que tout ce que je vivais non seulement n’était pas exclusif mais aussi il y avait une expression qui lui était propre. Ce jour là, je me suis sentie moins seule et comprise en lisant ces articles. Pour vous faire un résumé, ce syndrome de l’imposteur nous pousse à tout remettre en question, à nous dire qu’on n’est pas à notre place, qu’on n’est pas assez qualifiées pour ce que l’on fait et que quelqu’un d’autre mériterait plus notre place.

La situation matrimoniale est aussi souvent évoquée lorsqu’une femme noire parle de ses aspirations professionnelles. A ma grande déception souvent par les hommes noirs qui à mon avis devraient être fiers de voir des sœurs vouloir aller loin et bien faire. Des remarques sexistes, j’en ai reçues toutefois elles ne m’ont jamais ébranlées. Bien au contraire j’ai toujours considéré qu’il s’agissait du simple reflet de leur manque de confiance. Chers frères, je vous aime beaucoup mais arrêtez de penser que la femme doit vivre à travers vous, et pour vous. Nous avons aussi des neurones qui fonctionnent plutôt bien et qui demandent à être utilisés. Avançons ensemble, le monde s’en portera mieux.

Le rapport de 2015 de l’Institut de statistique de l’UNESCO recence 28.4 % de chercheuses dans le monde. En 2018, 2.4 % de scientifiques africaines ont été recencées dans le monde dont 30 % de femme (RFI/Afrique). Ce faible nombre est aussi expliqué par le sexisme présent dans le monde scientifique. Francine Tankeu qui a reçu le prix Jeune Talent Afrique subsaharienne 2019 L’Oreal-UNESCO nous fera remarquer que certains encadreurs dans la recherche préfèrent travailler avec les hommes car : “le rôle d’épouse, de mère, constitue un frein pour l’avancée de nos projets de recherche”.

Pour conclure, si j’ai décidé de rédiger cet article c’est essentiellement pour dire à mes consoeurs de ne pas se laisser avoir par ce système. Nous sommes dans une société qui ne fait de cadeau à personne. Chaque réussite et victoire sont largement méritées. Etre étrangère nous procure une force exceptionnelle, celle d’être là pour réussir. Vu sous un autre angle, ce statut de femme noire étrangère devrait nous pousser à vouloir réussir, d’abord pour nous et ensuite pour notre famille. Personne ne s’engage dans ce terrain des sciences et des études longues sans savoir où aller. Le plus dur a été fait lorsqu’on s’est lancées. Une fois qu’on est empêtrées dans le schéma, le mieux à faire est juste d’avancer et de garder la tête haute. Il manque des femmes noires dans les métiers de la science. Il faut changer cela. Récemment, des études ont montré l’absence de femmes noires dans les manuels scolaires : 13% de femmes dont 6.7 étrangères (africaines, asiatique…) sur 1000 manuels de biologie moderne étudiés (Helen Briggs BBC). Les jeunes filles noires ont besoin de modèle à qui s’identifier. En 2020, il est aberrant que nous en soyons encore là. 

La science au Sénégal, Une théorie non pratiquée

Je me rappelle encore de mes premiers TP (travaux pratiques) de biologie à la faculté d’Aix Marseille université. J’étais perdue entre burettes, tubes à essai, béchers, éprouvettes et autres matériels de laboratoire.  Je connaissais ces mots mais ils n’avaient aucune réalité physique pour ma personne venue directement de Bargny. Cette situation vous semble impossible pour un étudiant en sciences mais elle est plus répandue que vous ne pensez. Surtout pour ceux issus de mon pays, le Sénégal.

Toute histoire a un début alors commençons par le commencement à savoir mes années au lycée « moderne » de Bargny. Nous faisions nos cours dans des laboratoires transformés en salle de cours. Les tables étaient agencées au milieu et tout autour il y avait des lavabos. Dans ces salles, nous avons passé beaucoup d’heures à théoriser, à parler de réaction chimique ou encore des sciences de la vie.  Des cours qui étaient passionnants pour moi, une férue de sciences, surtout la chimie et la biologie.

Malheureusement, je ne me rappelle pas avoir vu ne serait-ce que de la verrerie de laboratoire dans ce supposé « laboratoire » qui ne l’était que de nom. La pratique, nous n’y pensions pas car ce n’était pas dans les priorités ou dans les moyens du lycée (parfois les deux). Ceci est hélas le vécu de beaucoup de jeunes scientifiques au Sénégal, surtout ceux issus de l’école publique sénégalaise où les moyens font terriblement défauts. La plupart n’ont vu un laboratoire qu’en regardant un épisode de Breaking Bad.

Lorsque je suis arrivée à l’université en France, j’étais complètement perdue. Devant les fiches de TP et les manipulations qu’on nous demandait d’exécuter, je me décrirais comme un mime. Lorsqu’on nous demandait de prendre telle ou telle chose, je laissais mes camarades me devancer de quelques secondes pour voir le matériel qu’ils prenaient et je faisais ensuite de même.

Mon cas n’était en rien isolé. Petite anecdote : j’étais en master et il y avait ce cher Dani qui venait d’arriver. À un TP de chimie il m’avait proposé d’être en binôme avec lui, chose que j’avais acceptée.  L’exercice demandait de mettre l’agitateur dans le ballon pour que la réaction se fasse, celui-ci étant plongé dans un bain-marie pour le maintenir à température adéquate. Dani, très motivé, s’était précipité pour le faire me disant qu’il savait comment procéder. Après quelques minutes, je suis partie vérifier où en était la réaction et j’étais très surprise de voir que notre ami avait plongé l’agitateur dans le bain marie au lieu de l’intérieur du ballon où se passait la réaction chimique. Cette situation ubuesque était pourtant parfaitement compréhensible quand on connaît le parcours des étudiants en science au Sénégal.

Je souris aujourd’hui en écrivant cette anecdote mais j’ai aussi réalisé que le problème que j’ai eu durant mes années de lycée au Sénégal avait persisté pour certains jusqu’à la licence et même au-delà.

Un ami, ingénieur en chimie au Sénégal, m’a parlé du fossé qui existe entre les cours théoriques très bien dispensés par les professeurs et la pratique. Commencer à travailler lui a montré que parfois, même les cours n’étaient pas à jour par rapport aux avancées technologiques dans les laboratoires. Les quelques rares TP exécutés durant sa formation lui avaient semblé « trop maigres » et « complètement différents de ce qui se faisait dans un laboratoire digne de ce nom »

Pour ma part, je suis persuadée que pour être aimée et assimilée, la science doit être pratiquée. La science est avant tout une question de pratique et d’expérimentation. La chimie ou la biologie sont des sciences magiques. Et cette magie mérite d’être vue et manipulée par nos jeunes lycéens/étudiants.  Voir de la carboglace dégager sa fumée lorsqu’on y ajoute tout simplement de l’eau suffit à émerveiller.

Je suis consciente des limites de l’enseignement au Sénégal mais on ne peut pas vouloir former de bons scientifiques sans qu’il y ait une pratique de qualité. Si je peux rêver, je rêve de lycées avec au moins une salle de TP fonctionnelle. Je rêve de lycées avec au moins de la verrerie de laboratoire même si ces derniers ne serviront que d’échantillons.  Je rêve petit certes, mais mon rêve est adapté à la situation de notre pays. Aujourd’hui, nous sommes tous conscients de l’importance des sciences pour le développement d’une nation mais nous savons aussi que notre pays n’arrose pas sa graine. La formation de nos jeunes scientifiques est incomplète à cause du manque de pratique.

Que pourrions-nous faire au vu de la situation socioéconomique du pays pour lier la pratique à cette théorie ?

  • Des laboratoires virtuels ? Avec des salles d’informatiques fonctionnelles, des miracles pourraient être réalisés. Un logiciel pour laborantin pourrait permettre de pratiquer de manière visuelle. La technologie et les ressources pour réaliser ce travail sont déjà. Ceci permettrait aux jeunes de pouvoir mettre une image sur chaque élément évoqué dans leurs cours et d’avoir une idée de ce qui se fait dans un laboratoire de science.
  • Des laboratoires académiques ou salles informatiques mutualisés entre plusieurs lycées ? En passant par les opérateurs qui allouent un budget pour le social sans passer par l’Etat, les lycées avec beaucoup de volonté pourraient s’organiser, écrire un projet et bénéficier des aides proposées par les constructeurs ou simplement par les entreprises privées pour pouvoir mettre en place des laboratoires physiques ou virtuelles.
  • Des stages de découverte ? Il n’existe pas énormément de laboratoire mais organiser des journées portes ouvertes ou de cours stages pourraient permettre au plus curieux de s’imprégner et de voir durant une plus ou moins longue période la vie de scientifique.
  • Investissement des privées ? La science profite en premier lieu aux industriels de par ses découvertes et ses applications possibles. Le savoir et la main-d’œuvre acquis par ces jeunes leurs permettra dans quelques années, de produire de nouvelles technologies et ainsi augmenter leurs chiffres d’affaires. Ces derniers devraient investir dans l’éducation en faisant des dons de petit matériel de laboratoire aux lycées par exemple. Investir dans les jeunes c’est investir dans le futur de leur entreprise.

Pour finir, je vous partage cette citation « Qui apprend la science et ne pratique pas, ressemble à celui qui laboure et qui ne sème pas. »

Nous y voilà, la spectrométrie de masse pour les nuls  (petit clin d’œil à quelques twittos)!  

Le premier spectromètre de masse fut construit par Sir JJ Thomson dans la première décennie du 20ème siècle. Il y a aujourd’hui plusieurs fabricants de spectromètre de masse comme : AB SCIEX, ThermoFisher, Waters, Shimadzu…. Le coût moyen minimal d’un spectromètre de masse est de 200.000 euros.

Principe

En essayant de faire simple la spectrométrie de masse est une technique d’analyse physico-chimique qui permet de déterminer la masse d’une molécule ou d’une association de molécules chargées. Pour qu’une molécule puisse être détectable en spectrométrie de masse elle doit être obligatoirement chargée car l’analyse est basée sur la mesure du rapport masse sur charge. Elle permet alors de détecter, d’identifier et de quantifier des composés et molécules d’intérêt. C’est une technique utilisé dans plusieurs domaines : toxicologie, antidopage, métabolomique, médical, environnemental, agroalimentaire, cosmétique… grâce à sa sensibilité, sa sélectivité et sa rapidité.

Structure d’un spectromètre de masse

La composition de base d’un spectromètre de masse est :

  • Une source d’ions ou chambre d’ionisation qui permet de produire des ions
  • Un analyseur qui sépare les ions en fonction de leur masse et de leur charge (rapport m/z)
  • Un détecteur qui détecte les ions sortant de l’analyseur. Dans cette partie il y a conversion du courant ionique en électrique et il s’en suit une représentation des données dans un spectre de masse.

Il  y a plusieurs types de source d’ionisation dans un spectromètre de masse. La source est l’élément du spectromètre de masse qui permet l’évaporation du solvant et l’ionisation des analytes contenus dans l’échantillon. Plusieurs méthodes d’ionisation sont disponibles et leur choix d’utilisation dépend des propriétés physicochimiques des molécules à étudier et des renseignements désirés. Il y a différents types de source d’ionisation allant de douce à dure.  Voici une liste non détaillés des différentes sources d’ionisations :

Electrospray, MALDI, Impact électronique, APPI, FAB-MS,  Ionisation chimique

L’analyseur sépare les molécules en fonction de leur masse et charge m/z. Plusieurs types d’analyseurs sont disponibles. Leur mode de fonctionnement repose sur l’utilisation de champs électriques et/ou magnétiques. On choisit un analyseur en fonction de différents critères dont la résolution, la gamme dynamique mais surtout le prix ! Voici les différents analyseurs que l’on peut trouver en masse :

FT-ICR, Orbitrap, Piège ionique, Quadripôle,  TOF,  Secteur magnétique

Les spectromètres de masse sont souvent couplés à de la chromatographie liquide ou gazeuse qui lui permet une séparation des molécules ou famille de molécules avant la détection par le spectromètre de masse.

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Applications 

  1. Nous savons que les cheveux poussent en moyenne d’un cm par mois. Au niveau des bulbes capillaires il y a des vaisseaux sanguins qui font que toutes les molécules exogènes prisent sont incorporées dans la formation/structure des cheveux. Donc sur 12 cm de cheveux il est possible de connaitre le type de molécules (drogue, médicament) assimilés par l’organisme durant 1 an. Utiliser le cheveu comme matrice permet donc de suivre si un patient suit bien la posologie d’un médicament, si le sportif utilise des dopants contrairement au sang/plasma ou l’élimination se fait assez rapidement. (Pourquoi les sportifs se rasent-ils souvent ? )
  2. La métabolomique permet d’identifier les molécules appartenant à une même voie métabolique qui sont altérées lors d’une pathologie. Dans une étude on peut avoir 2 lots de patients, des contrôles ou témoins et des malades. Le fait d’analyser les deux groupes en même temps dans les mêmes conditions analytiques permet de trouver quel métabolite (sucres, acides aminés, acides gras, enzymes….) est altéré dans le lot des malades versus les témoins et ainsi de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques et de nouveaux traitements.
  3. La masse peut aussi être utilisé lors des études cliniques pour tester l’efficacité d’un traitement. Dans ce genre d’étude, deux groupes sont testés : un premier auquel on donne un placebo et un second à qui on administre le principe actif. Apres l’analyse ciblée en masse de ces deux groupes et des tests statistiques on peut voir l’efficacité du traitement.
  4. Dosage des pesticides contenues par exemple dans les eaux du robinet (contrôle qualité) ou encore dans les aliments. Des études sont menées afin de suivre les pesticides et leurs produits de dégradation tout au long du développement de l’aliment. Par exemple, un agriculteur veut utiliser un pesticide pour son champ de pommes de terre. Différentes concentrations seront testées sur des parcelles de champ. Puis des échantillons de pomme de terre seront analysés par spectrométrie de masse (la peau et l’intérieur).

La mucoviscidose

La mucoviscidose (Cystic Fibrosis) est la plus fréquente des maladies génétiques héréditaires graves dans la population caucasienne. Elle entraîne une atteinte respiratoire létale qui concerne environ une naissance sur 2500 en Europe et en Amérique du Nord. En France, la mucoviscidose touche environ 150 nouveau-nés par an et on recense environ 7 000 personnes atteintes. À quelques parties du monde comme en Afrique, la mucoviscidose sous-est diagnostiquée, et la prévalence vraie de la maladie n’est pas connue. Le Manque de la connaissance au sujet de la maladie, l’accès à des soins de santé faible, les diagnostics de confusion, un haut niveau de mortalité infantile généralement et l’espérance de vie faible tous contribuent au sous-diagnostic de la maladie.SANTE-201116-Mucoviscidose-KARIM-grande

Cette maladie génétique d’évolution progressive se manifeste souvent tôt dans l’enfance, voire dès la naissance. Aujourd’hui encore, cette maladie impose la prise quotidienne de 30 à 40 comprimés ou gélules. Bien que l’espérance de vie des individus touchés ait considérablement augmentée ces 40 dernières années, aucun traitement ne permet aujourd’hui de venir à bout de la maladie. Non, la mucoviscidose n’est pas contagieuse !

Causes et origines

Le gène responsable de cette pathologie code pour une protéine appelée Cystic Fibrosis Transmembrane conductance Regulator (CFTR), découverte en 1989. La protéine CFTR est un canal ionique et elle est impliquée dans le transport des anions, comme le chlorure et le bicarbonate, et dans la régulation des échanges entre  les l’intra et l’extra cellulaire. Les atteintes respiratoires sont la cause majeure de mortalité et de morbidité.

Symptômes

Parmi les symptômes potentiellement graves : des atteintes respiratoires (infection et inflammation pulmonaires) et digestives (destruction progressive du pancréas).

Au niveau respiratoire, le mucus produit par les cellules qui tapissent les bronches est plus épais que la normale, et s’écoule difficilement. Il est retenu et fournit un milieu propice à la multiplication des germes (bactéries, champignons) qui provoquent des infections.

Au niveau du tube digestif, les sécrétions altérées interfèrent avec l’absorption des aliments, provoquant des troubles nutritionnels. Ceci est dû principalement à l’obstruction des conduits du pancréas par le mucus épaissi. Le pancréas produisant les enzymes essentielles à la digestion des aliments, notamment des protéines et des graisses, ces enzymes ne peuvent pas être libérés dans l’intestin par le pancréas.

Diagnostic

Le dépistage néonatal systématique de la mucoviscidose vise à ce que chaque nourrisson pour lequel le diagnostic est confirmé, bénéficie d’une prise en charge immédiate selon un protocole de soins national, validé par les spécialistes de la mucoviscidose. Il permet d’accompagner l’enfant et les parents dans la connaissance de la maladie. On a aussi le diagnostic sur signes cliniques : une occlusion intestinale à la naissance que l’on désigne souvent sous le nom « d’iléus méconial », une prise de poids insuffisante, malgré parfois un appétit vorace, une mauvaise digestion, des selles abondantes, « grasses », parfois des douleurs abdominales, une toux chronique et épuisante, une expectoration difficile, une sueur particulièrement salée…. Il existe plusieurs tests pour dépister la maladie avec différents degrés de fiabilité : Test du Méconium, Test à la Sueur, L’Analyse Génétique

Le traitement, la prise en charge, la prévention

Il n’existe pas de traitement curatif pour la mucoviscidose à l’heure actuelle. Si le traitement permet de mieux traiter les symptômes et d’en prévenir l’apparition, il exige beaucoup de temps et est particulièrement lourd pour le patient. À travers le monde, les chercheurs unissent leurs efforts afin de mettre au point de nouveaux médicaments. Les avancées médicales évoluent en permanence. Chaque année, les résultats de la recherche sont partagés lors de congrès européens et mondiaux par des spécialistes dans les différentes disciplines.

Source : CNRS, Institut Pasteur, Vaincre la mucoviscidose, News Medical life Science, lefigaro